8. Annexe: démonstrations de quelques résultats#
8.1. Problèmes équivalents#
Soit le problème \((Pb1)\):
\(V\) est un sous-espace affine de \({\setR}^{n}=\left\lbrace \vector{u} \in {\setR}^{n}\text{ tel que }\tensTwo{\tensTwo{B}}_i \vector{u}-\vector{d}_i= \vector{0}, \, \forall i=1,p \right\rbrace\). \(\tensTwo{A}\) et \(b\) sont définis sur \({\setR}^{n}\) et \(\tensTwo{A}\) est une matrice symétrique positive d’ordre \(n\) .
Soit le problème \((Pb2)\):
avec l’espace \(V=\left\lbrace \vector{u} \in {\setR}^{n} \text{ tel que }\tensTwo{\tensTwo{B}}_i \vector{u}-\vector{d}_i= \vectorZero, \,\forall i=1,p\right\rbrace\) et \({V}_{0}=\left\lbrace {v}_{0}\in {\setR}^{n}\text{ tel que }\tensTwo{\tensTwo{B}}_i \vector{u}=\vectorZero, \, \forall i=1,p\right\rbrace\)
On va montrer que les deux problèmes précédents sont équivalents.
Remarquons tout d’abord que le problème \((Pb2)\) est équivalent au problème \((Pb2^{\prime})\).
avec l’espace \(V=\left\lbrace \vector{u} \in {\setR}^{n}\text{ tel que }\tensTwo{\tensTwo{B}}_i \vector{u}-\vector{d}_i=\vectorZero \,\forall i=1,p\right\rbrace\). Il y a en effet bijection entre l’ensemble des \(\left\lbrace \left(\vector{v}-\vector{u}\right) , \vector{u} \in V , \vector{v} \in V \right\rbrace\) et l’ensemble \({V}_{0}\) .
Montrons que le problème \((Pb2^{\prime})\) est équivalent au problème \((Pb1)\).
Soit \(\vector{u}\) solution de \((Pb2^{\prime})\). Alors \(\forall \vector{v} \in V\):
Calculons maintenant la dérivée de \(J(\vector{u})\). On a:
Soit \(\vector{u}\) la solution de \((Pb1)\), alors \(\forall \vector{v} \in V\) et \({\vector{v}}_{0}\in {V}_{0}\) on pose \({\vector{v}}_{0}=\vector{v}-\vector{u}\). Alors on a:
On voit que \(J^{\prime}(\vector{u})\) qui est une forme linéaire sur \({V}_{0}\) doit être systématiquement positive. Ceci n’est possible que si cette forme est identiquement nulle.
On en conclut que:
8.2. Démonstration de la règle \({R}_{0}\)#
8.2.1. Définitions et notations#
\(\tensTwo{A}\) est la matrice de rigidité sans contrainte de taille \(\left({n}^{\prime} \times n \right)\) (symétrique et positive). \(\tensTwo{B}\) est la matrice de blocage telle que \(\tensTwo{B} \vector{u}-\vector{d}=\vectorZero\) avec \(\tensTwo{B}\) la matrice de taille matrice \(\left( {n}^{\prime} \times p \right)\) (avec \(p<n\)).
\(\vector{u}\) est le vecteur des degrés de liberté physiques dans \({\setR}^{n}\), \(\vector{\lambda}^{1}\) est le vecteur des premiers degrés de liberté de Lagrange dans \({\setR}^{p}\) et \(\vector{\lambda}^{2}\) est le vecteur des deuxièmes degrés de liberté de Lagrange dans \({\setR}^{p}\).
On note \(\vector{x}\) le vecteur des inconnues \(\left( \vector{u}, \vector{\lambda}^{1}, \vector{\lambda}^{2} \right) \in {\setR}^{n}\times {\setR}^{p} \times {\setR}^{p}\). On note:
\(\discVect{U}\) l’ensemble des degrés de liberté physiques,
\(\discVect{\Lambda}^{1}\) l’ensemble des premiers degrés de liberté de Lagrange,
\(\discVect{\Lambda}^{2}\) l’ensemble des deuxièmes degrés de liberté de Lagrange.
\(\alpha \in {\setR}^{+}\) des coefficients
\(\discMatr{K}\) la matrice d’ordre \(2p+n\), symétrique telle que
La matrice \(\discMatr{K}\) écrite ci-dessus correspond à une certaine numérotation des inconnues \(\discVect{X} = \left( \discVect{U}, \discVect{\Lambda}^{1}, \discVect{\Lambda}^{2}\). La véritable matrice \(\discMatr{K}\) dont on cherche à montrer qu’elle est factorisable par \(LDL^{T}\) sans permutation n’est pas écrite avec cette numérotation. La seule règle de numérotation prise en compte est la suivante:
- Règle \({R}_{0}\)
Pour chaque relation de blocage, il faut placer \({\vector{\lambda}}^{1}\) avant le premier degré de liberté physique contraint et \({\vector{\lambda}}^{2}\) après le dernier degré de liberté physique contraint. Pour diminuer l’occupation mémoire de la matrice \(\tensTwo{K}\) , il faut chercher à minimiser la largeur de bande. C’est ce que l’on fait dans en « encadrant » les relations « au plus près » : \({\vector{\lambda}}^{1}\) est placé juste avant le premier degré de liberté contraint, \({\vector{\lambda}}^{2}\) est placé juste après le dernier ddl contraint.
8.3. Démonstration#
Les deux degrés de liberté de Lagrange associés à une équation de liaison \({\tensTwo{B}}_{i} \vector{U}-\vector{d}_i= \vectorZero\) encadrent les ddl physiques contraints par cette équation. Par la suite, pour simplifier l’écriture, on prendra \(\alpha=1\).
On cherche à montrer que toute sous matrice \(\discMatr{K}_{i}\) de \(\discMatr{K}\) est inversible. Soit une sous-matrice \(\discMatr{K}_{i}\) donnée. Elle correspond à un partage des degrés de liberté : ceux de rang \(\le i\) , ceux de rang \(\ge i\) .
Nous noterons:
\({\tilde{U}}\) le sous-ensemble de l’ensemble \({U}\) correspondant aux degrés de liberté de rang \(\le i\) .
\({\tilde{\tilde{U}}}\) le sous-ensemble de l’ensemble \({U}\) correspondant aux degrés de liberté de rang \(> i\) .
\({L}_{1}\) est l’ensemble des couples \((\vector{\lambda}_{1}^{1},\vector{\lambda}_{1}^{2})\) tels que \(\rank(\vector{\lambda}_{1}^{1}) < \rank(\vector{\lambda}_{1}^{2}) \le i\). Cet ensemble peut se séparer en deux sous-ensembles
\({L}_{3}\) est l’ensemble des couples \((\vector{\lambda}_{3}^{1},\vector{\lambda}_{3}^{2})\) tels que \(i<\rank(\vector{\lambda}_{3}^{1}) < \rank({\vector\lambda}_{3}^{2})\). Cet ensemble peut se séparer en deux sous-ensembles
\({L}_{2}\) est l’ensemble des couples \((\vector{\lambda}_{2}^{1},\vector{\lambda}_{2}^{2})\) tels que \(\rank(\vector{\lambda}_{2}^{1}) \le i< \rank(\vector{\lambda}_{2}^{2})\). Cet ensemble peut se séparer en deux sous-ensembles
L’ensemble résultant \(L\) s’écrit donc
La matrice \(\tensTwo{B}\) peut se découper en trois parties \(\tensTwo{B}_1\), \(\tensTwo{B}_2\) et \(\tensTwo{B}_3\) correspondant au découpage \(({L}_{1},{L}_{2},{L}_{3})\). Chaque matrice \({\tensTwo{B}}_{i}\) peut se découper en deux parties \(\tensTwo{\tilde{B}}_{i}\) correspondant au découpage \((\vector{\tilde{U}},\vector{\tilde{\tilde{U}}})\).
La matrice \(\tensTwo{A}\) peut se découper en quatre parties correspondant au découpage \((\vector{\tilde{U}},\vector{\tilde{\tilde{U}}})\).
À l’aide de ces notations, le problème à résoudre est de montrer que la matrice \(\discMatr{K}_{i}\) est inversible.
Cette matrice correspond au vecteur \({\discVect{X}}_{i}=\left\lbrace\begin{array}{c} \vector{\lambda}_{1}^{1}\\ \vector{\lambda}_{1}^{2}\\ \vector{\lambda}_{2}^{1}\\ \vector{\tilde{U}} \end{array}\right \rbrace\). Il faut montrer que:
Ce problème est équivalent à :
Cas général
On suppose que \({\tilde{U}} \ne \varnothing\), \({L}_{1} \ne \varnothing\) et \({L}_{2}\ne \varnothing\). Alors le problème \((S)\) s’écrit
et donc
De cette équation, on en déduit:
Comme \({\tensTwo{\tilde{B}}}_{1} \vector{\tilde{u}} = \transpose{\vector{\tilde{u}}} \transpose{\tensTwo{\tilde{B}}_{1}} = \vectorZero\), on obtient:
et donc en redéveloppant:
Or \(\tensTwo{\tilde{A}}\) est symétrique positive (comme sous-matrice d’une matrice positive) et \(\transpose{\tensTwo{\tilde{B}}_{2}}{\tensTwo{\tilde{B}}}_{2}\) est aussi une matrice symétrique positive, donc cette somme ne peut être nulle que si les deux termes sont nuls.
De la première équation, on a \({\tensTwo{\tilde{B}}_{2}} \vector{\tilde{u}}= \vectorZero\) et donc \(\vector{\lambda}_{2}^{1}=\vectorZero\). Pour la seconde équation, comme \(\tensTwo{\tilde{A}}\) est une matrice positive, on veut montrer que
Prolongeons \(\vector{\tilde{u}}\) sur \({\setR}^{n}\) par \(\vector{\tilde{\tilde{u}}}=\vectorZero\). On a donc \(\vector{u}=\left( \vector{\tilde{u}}, \vector{\tilde{\tilde{u}}} \right)\).
On a
Les deux premières lignes sont nulles du fait des résultats précédents. De plus, \(\tensTwo{{\tilde{B}}}_{3}=\tensTwoZero\) car sinon, il existerait des ddl de \(\vector{\tilde{u}}\) contraints par des équations non encore prises en compte ( de rang \(>i\) ) ce qui est contraire à la règle \({R}_{0}\).
Le prolongement \(\vector{u}\) de \(\vector{\tilde{u}}\) est donc dans les noyaux de \(\tensTwo{A}\) et \(\tensTwo{B}\) . On va montrer qu’il est alors nul. Reprenons le problème avec les « simples Lagrange ».
On pose \(\vector{u}_{0} \ne \vectorZero\) tel que \({\tensTwo{A} \, \vector{u}}_{0}= \vectorZero\) et \({\tensTwo{C} \, \vector{u}}_{0}= \vectorZero\) . Si \({u}_{1}\) est solution de \(({S}_{2})\), on voit qu’alors \(\vector{u}_{1}+\mu \, \vector{u}_{0}\) est aussi solution. Ce qui est impossible car nous supposons notre problème est physiquement bien posé.
On en conclut que \(\vector{u}=\vectorZero \Rightarrow \vector{\tilde{u}} = \vectorZero\) .
Il ne reste plus qu’à démontrer que \(\vector{\lambda}_{1}^{1}=\vectorZero\). On repart de l’équation
On vient de démontrer que \(\vector{\tilde{u}} = \vectorZero\) . On a donc plus que
De la même façon que la règle \({R}_{0}\) imposant \(\tensTwo{\tilde{B}}_{3}=\tensTwoZero\) , on voit que \(\tensTwo{\tilde{\tilde{\tensTwo{B}}}}_{1}=\tensTwoZero\).
Raisonnons par l’absurde: si \(\vector{\lambda}_{1}^{1}\ne \vectorZero\) est tel que \(\transpose{\tensTwo{B}}_{1} \vector{\lambda}_{1}^{1}=\vectorZero\) , c’est qu’il existe une combinaison linéaire des lignes de \({\tensTwo{B}}_{1}\) qui est nulle, ce qui est contradictoire avec le fait que les lignes de \({\tensTwo{B}}_{1}\) sont indépendantes les unes des autres (problème physique bien posé). Donc on a bien \(\vector{\lambda}_{1}^{1}=\vectorZero\).
Cas particulier
Lorsque l’un (ou plus) des ensembles \(\tilde{U}\), \({L}_{1}\) , \({L}_{2}\) est vide, le système \((S)\) se simplifie. On peut vérifier que les raisonnements que l’on a fait dans le cas général, permettent de démontrer des résultats analogues.